samedi 9 juin 2018

Les Antilles

Retour en France, terre de hautes et interminables luttes sociales... 
les communistes qui ne savent pas ce que produire des richesses veut dire,
lutteraient donc pour "l'autonomie", et même depuis que je nuis..né. 
s'ils savaient ce qu'être autonome signifiait, les pauvres !

Nous quittons St Francois et ses sargasses
pour l'anse Canot, à deux pas de port Louis (Marie-Galante)
Mont-blanc file, Sabine a oublié le mal de mer !
Petite vidéo à l'approche de Marie-Galante, en mode antillais...au, walenti ! 
(manip involontaire au moment de filmer, sans doute...)
La jolie petite anse Canot, paisible tant que la houle de N, NE ne rentre pas !

Port Louis,
12 juin 2018, 

nous enfourchons nos bicyclettes dépourvues de vitesses pour aller visiter Marie Galante,
et prenons la petite route qui longe la côte vers Grand Bourg
Arrêt sur notre chemin au Trianon Roussel, ancienne ferme agricole fondée en 1669
bienvenue... en fait, la visite est libre !
son moulin
ses écuries
Il s'agissait d'une bien grande ferme

Volontaires, 
nous poursuivrons notre route toujours contre le vent, vers la distillerie du Père Labat.
Pas particulièrement jolie, elle propose pourtant de beaux rhums, 
s'enorgueillissant de la naissance de son dernier né, qui atteint quelques 69° !

Nous l'avons bien sûr, goûté, ou plutôt, inspiré, tant il se rapproche d'un gaz.
C'est fort, très fort, et pas bon pour notre retour en vélo qui se fera heureusement vent dans le dos !

13 juin, nous partons rejoindre nos amis de Pomelo et de Manoir à Deshaies
poussés par des vents d'est puis d'ouest, puis d'est toujours constants, 
sur une eau lisse ! 
un régal !
ça commence à faire une belle trace !
Nous passons la réserve Cousteau et le mouillage de Malendure,
que nous prendrons le temps de visiter une autre fois

Arrivée à Deshaies, on laisse refroidir les voiles...

jolies couleurs...
Nous démolirons ce soir là un superbe plateau de fromage présenté par Colette...
Cela faisait des mois qu'on en rêvait tous, de fromage !!
le plateau ne s'en est pas remis, à la surprise de Jacky, pourtant doté d'un bien très solide appétit !

Halte à Bouillante en compagnie de Manoir
et première plongée à Malendure
Pas de photos sous-marine, nous avons juste aperçu la statue du Commandant, de loin..
La photo, je l'ai volée sur la toile.... je ne plonge pas encore à 12m sans bouteilles !
Pas sûr que cela m'arrivera un jour, d'ailleurs...
Le bras droit du commandant aurait disparu depuis...
Descente vers les Saintes, 
avec une halte langouste dans un excellent restaurant au pied du ponton des annexes,
"le bon vivre" qui porte bien son nom, 
tant pour la qualité des plats, que pour la gentillesse de ses équipes !
Un endroit à recommander sans retenue aucune !
faut-il préciser pourquoi !!
17 juin balade sur Terre de Haut !
Mont-Blanc dans un des mouillages mythiques des Antilles
Arrivée au sommet, de la colline, pas de visite du fort aujourd'hui, une autre fois, peut-être !
Nous traversons ensuite l'île à pied pour aller découvrir 
la baie de Pont-Pierre et sa plage au vent !
Qui dit au vent, dit, sargasses..
Une odeur nauséabonde nous accueille, sur une plage qui devait être paradisiaque 
avant cette accumulation d'algues qui non contentes d'être incommodantes, 
se révèlent aussi, être très toxiques !
On devine le liseré rouille qui borde la plage et ses jolis cocotiers... les sargasses !
 les derniers habitants du coin ne semblent pas incommodés 
beau spécimen !

Nous profitons de notre halte à Terre de Haut pour faire recoudre à la voilerie Philavoile
la petite déchirure que nos avions faite sur notre Parasailor entre le Brésil et la Guyane

21 juin, nous sommes en route vers Ste Anne, et passons au pied du Diamant 
Dark Vador !
29 juin 2018, nous avons retrouvé les Michel au mouillage de Ste Anne
et partons nous rafraîchir dans la cascade Didier !
Il faut faire une bonne trotte pour nous y rendre, nécessitant de traverser Fort de France...
Après avoir laissé la voiture sur un petit parking, 
nous entamons une balade d'une petite heure qui nous fera passer par un impressionnant 
tunnel dans lequel se trouve une grosse canalisation de captation
Il n'y a pas de lumière et l'endroit est envahi par les chauves souris.
merci nos téléphones, que ferions-nous sans vous ?

de l'autre coté du tunnel, nous arrivons sur les installations de captage
Il faut remonter encore le lit de la rivière pour découvrir la cascade
                  
et là, c'est la récompense avec une eau douce et fraîche des plus agréables !
Nous nous baignons longuement, tentant de nous approcher de la chute, 
face à un courant de plus en plus fort... 
3 juillet 2018
Nous commençons notre descente vers Trinidad, 
où nous laisserons bientôt le bateau pour la saison cyclonique,
rythmés par les matchs de la coupe du Monde qui se déroule en France. 

Sabine a définitivement (on croise les doigts), abandonné son mal de mer, et commence "déjà",
après une année de route, à profiter des merveilleux moments que peut offrir la mer !

6 juillet, nous sommes à Wallilabou (St Vincent)
Après avoir éliminé l'Argentine en 8è, 
la France affronte l'Uruguay pour une place en 1/2 finale !
L'ambiance dans le seul bar de la place, qui a servi de décor 
pour le film Pirates de Caraibes est totalement improbable !

En fait d'événement planétaire,
nous sommes.. deux dans ce bar désert, et il faudra insister auprès du barman 
non sans avoir préalablement commandé deux jus de mangue frais pour l'amadouer,
pour qu'il accepte de changer le programme de musique zouk, 
pour basculer sur le 1/4 de final de La Coupe du Monde,
que les français gagneront 2-0 !

7 juillet, nous mouillons à Salt Whistle bay 
un des superbes mouillages incontournables des Antilles 
La saison cyclonique est commencée, et c'est une plage quasi déserte qui nous sera offerte 
Y'a pire endroit !
8 juillet, nous rejoignons 2 miles plus loin,
les Michel qui profitent d'un lagon tout aussi tranquille,
les Tobago Cays,  avec cette immense piscine turquoise, remplie de
raies, tortues, et autres...requins ! Si si, j'en ai vu un, 
de mes propres yeux, j'ai eu peur, mais j'en ai vu un, un gros requin !
Taoumé, le premier bateau sur lequel nous avons appris à naviguer, en 2007 !
Michel l'a fabriqué entièrement de ses mains, de A à Z, chapeau bas !
pendant que Sabine s'occupe de ses amis oiseaux très gourmands  


10 juillet, nous poursuivons notre descente pour faire un stop clearance à Union Island
mais aussi, pour assister à la 1/2 finale de la coupe du Monde, 
contre nos voisins et compatriotes belges (Mamie Violette était belge)

Le bar de l'hôtel jouxtant le mouillage est comble
Il y a plein de français, les chaises sont mises en place, les verres sont pleins
et la tension est palpable..
Il ne reste plus, qu'à régler ce p..... de décodeur satellite, qui se refusera à nous offrir 
une première image du match !!!
Arghhhhhhh !!
Nous repartirons désappointés sur nos bateaux respectifs, 
pour y écouter, pour ceux qui ont de la wifi, la retransmission radio du match,
jusqu'à ce que retentissent pétards et fusées, confirmant la bonne nouvelle,

la France est EN FINALE !!!

Les pauvres belges ne se sont toujours pas remis d'un match qu'ils devaient gagner...
Ils n'ont pas gagné, c'est la dure loi du sport !
RDV est pris pour la finale, le 15 juillet face à la Croatie !

Je renoncerai aux cours de kite facturés 100$ de... l'heure, sic, sic re sic !! 
dans un pays où le salaire moyen mensuel est de 564 $ soit, 
l'équivalent de 4 bonnes heures de cours de kite !
Faut pas exagérer, quand même !

13 juillet, Carriacou, Sandy Island !
nous mouillons en face de Sandy Island à l'Esterre, 
un bel endroit peu profond, entouré d'eau chaude et turquoise

Petit déjeuner à l'Esterre !

Une fois ce moment désagréable passé, nous sautons dans l'annexe pour aller découvrir un Îlot paradisiaque à quelques centaines de mètres de notre mouillage...
Sandy Island 
nous sommes sur le bon îlot !
c'est marqué dessus !
les couleurs 100% naturelles, sont sublimes ce jour-là, no comment !!
Mont-blanc au mouillage au fond !

le Pied !
encore une sacrée belle journée...
14 juillet, St Georges, île de Grenade
Nous sommes au mouillage, en bonne compagnie, 
à coté d'un magnifique Alibi 54      
                      

La finale c'est demain, ce qui nous laisse un peu de temps pour découvrir la capitale


Le musée du chocolat, et une boutique Lewis dernier cri ! 

Je ne savais pas que le géant suédois avait ouvert un magasin à St Georges !
                  
             
en se donnant la peine de grimper un moment, on découvre de jolies vues de la baie, 
et une église en réfection 
 
un joli Land "hors d'âge" !

                         
Joli voisin du soir, bonsoir !
Dimanche 15 juillet 2018, c'est la FINALE, 

Nous vivrons le grand moment dans le bar du Yacht Club !
Quelques français et quelques badauds sont là 
pour suivre une finale qui verra la France 
gagner sans grands éclats, 1-0 face à une inattendue Croatie...

CHAMPIONS DU MONDE !!!
Bravo bravo bravo !!!

Nous partirons discrètement le soir de la finale
pour naviguer de nuit vers Tobago
Le Vénézuela se trouve juste en face, avec des actes de pirateries qui se font de moins en moins rares

Nous naviguerons tous feux éteints, sans AIS, 
passant à coté d'une énorme plate forme pétrolifère hyper éclairée,
pour arriver sans encombres, le lendemain matin 
dans Boca de Monos, canal qui sépare Trinidad de l'ile de Monos, qui jouxte le Vénézuela

D'étonnants courants traversent ce canal, provoquant des tourbillons à la rencontre de ces courants
Nous vivrons un dernier moment de stress alors que nous n'attendons plus que le feu vert 
pour présenter Mont-Blanc au travel-lift !
Une odeur de peinture me chatouillait les narines depuis un moment 
alors que nous avions mis les moteurs en route
J'ai tout d'abord mis ça sur le compte de la pollution de Charraguamas aux eaux très sales,
jusqu'à ce que le moteur tribord cesse de fonctionner !
J'ouvre la cale moteur et me rend compte avec stupéfaction qu'elle est remplie de..gasoil !

Une durite s'est rompue, vidant nos réservoirs, 
annonçant un arrêt imminent de l'autre moteur !!!
Nous appelons Peake à la VHF pour qu'ils se préparent à nous tracter...
Pas de réponse immédiate.
Nous venons frapper en urgence une amarre sur la bouée libre la plus proche

Un mécano viendra nous aider le lendemain matin à remplacer le bout de durite 
de 15 petits cm dont la rupture aurait pu avoir d'autres conséquences !

17 juillet,  
après 8 bons mois d'aventures, démarrées à Canet en Roussillon,
avec des escales en Espagne, à Ibiza, Gibraltar, aux Canaries, 
au Sénégal, au Cap Vert, 
une transat vers le Brésil, un bon mois de découverte de l'Argentine et du Brésil,
une seconde "transat" entre le Brésil et les Antilles, comprenant un stop en Guyane
et les deux derniers mois passés à sillonner le sud de l'arc antillais
Mont Blanc sort de l'eau !

Sabine est aux anges... 
elle retrouve la terre ferme, bientôt son papa, la famille, les amis, les motos... !
Alors, heureuse ?
Un coup de Karcher pour décaper les coques, avant le "garage" !
Mont-Blanc est au "parking", 
on se retrouve en novembre !





lundi 28 mai 2018

Guyane

EN ROUTE POUR LA GUYANE..
Samedi 19 mai 2018, 
Les vents et les courants annoncés sont au rendez-vous

Nous repassons sous le pont de Natal, dont il semble impossible
de connaître la hauteur exacte, et tournons "à gauche" pour un premier bord de 40 nm
qui nous permettra de virer encore une fois à gauche à la bouée joliment nommée, Risca de Zumbi),
pour effectuer un second et dernier bord
tout aussi droit, mais cette fois de 1220 nm (2260 km),
qui prendra fin aux Îles du Salut !
Adieu, Natal et son pont 
Sabine est relax
elle décide même de prendre la barre !
effet caipirinhas ?

Nous bouclons rapidement notre dernier (enfin, c'est ce que nous pensions alors),
virage vers la Guyane

Nous sommes vent arrière, et déployons avec Simon,
notre Parasailor dès la bouée passée,
profitant d'une merveilleuse grosse heure de Parasailor,
sous un vent forcissant, avec un ris dans la GV
Mont-Blanc file entre 12 et 14 nds, dans un confort parfait !
Pas de photos, ni de vidéo hélas on n'en a pas perdu une seconde,
jouissif !

Nous affalons pour la nuit, avec l'envie de remettre ça dès demain
Nous ressortirons effectivement le Parasailor le lendemain,
avec un vent plus faible cette fois, et toujours un ris dans la GV..

Je pensais avoir bien assimilé le maniement de l'aile !
Erreur !
Aussitôt la chaussette montée,
l'aile se gonfle parfaitement...yes,
mais, quelques secondes plus tard, elle est aspirée derrière la GV
Un des caissons de l'aile vient accrocher la barre de flèche bâbord ..
petite déchirure !
Arghhhhh, privés de spi pour les 1000 miles restants !

Nous rangeons bien déçus notre arme fatale de vent arrière
qui devra attendre la Guadeloupe pour effectuer la petite, mais nécessaire
réparation.

21 mai, tôt le matin
nous passons Fortaleza,
nous naviguons depuis 2,5 jours, et c'est le moment où le pilote décide de tomber en panne.
Je tente d'effectuer la procédure du constructeur Garmin,
pour re-paramétrer notre pilote ;
ça marche, puis ça marche plus
ça re-marche puis, puis ça re-marche plus !
rrrrrhhhhhhh !!!


In-envisageable de parcourir les 1000 miles restants sans pilote...
Demi-tour, au près pour rallier Fortaleza à 20 nm derrière nous.
Nous n'avions pas prévu de faire halte dans cette ville à la réputation douteuse..

L'option la moins insécure, sera vite retenue
Il n’y en a pas d’autre...
Ce sera Marina Park Hotel
ne pas oublier d'éviter la "petite épave" qui cache l'entrée de la marina
La Marina est en fait une marina en devenir

Une fois contournées l'épave et la digue qui la protègent parfaitement,
nous découvrons quelques bateaux alignés en épi,
amarrés à des pylônes de béton, auxquels manque cruellement un..
ponton !

Un employé de la marina/hôtel nous désigne le premier pylône libre,
nous indiquant à grands gestes de bras, d'aller planter notre ancre au milieu du bassin
et de commencer à reculer vers notre pylône, le n°1
Le courageux plonge aussitôt pour frapper nos amarres sur ce bloc de béton couvert de moules
Nous sommes amarrés !

Les tarifs de la marina sont non négociables et prohibitifs,
il faudra réparer au plus vite
A peine arrivés nous nous mettons en quête d'un électricien
et en trouvons un qui viendra demain,
Il travaille sur les cargos dans le port de Fortaleza.

Résignés, nous acceptons de profiter de cette halte forcée,
pour piquer une tête dans la piscine d'eau douce (inclus dans le forfait, quand même !)

et faire une visite de la ville
Un petit centre commercial pour recharger du frais

Le centre ville n'est pas très joli mais très animé et commerçant
Nous y passerons un agréable après midi en compagnie de Simon
et reprendrons un peu de produits frais pour la suite du voyage
  

Le lendemain,
notre technicien trouve immédiatement la source de la panne
Les contacteurs du pilote sont oxydés
Il les remplace par quelques soudures ,à l'aide de mon fer,
et nous demande juste l'équivalent d'un mois de salaire pour une heure de travail ! sic

Nous avons déjà pû remarquer depuis le début de notre voyage la sur cote générée
à la simple vue d'un bateau de blancs,
mais bon, de là à payer 5, 10, 30 fois la valeur d'un bien ou d'un service !..
Le commerce équitable...ça doit marcher dans les deux sens !

discussions, avec notre "ingénieur de la Nasa"
que je vexe quelque peu après lui avoir fait comprendre poliment qu'il se payait notre tête
Il s'en va finalement en laissant comprendre que nous pouvions payer ce que nous voulons
Je confierai au garde de l'hôtel qui le connaît,
de quoi payer justement son travail !

Mercredi 23 mai 2019
nous larguons notre poteau et ses moules
afin de reprendre la mer, aux premières heures !

Le pilote fonctionne parfaitement...
nous avions quand même fait un essai la veille devant Fortaleza !

Des parcs éoliens, des plages, et une jangada qui nous suivra un long moment avant de disparaître

Vendredi 25 mai 2018  
Les vents et les courants nous poussent toujours
Nous repassons l'équateur, retour dans l'hémisphère nord 

si la route qui apparaît sur le traceur semble longer la cote...
il ne faut pas s'y tromper; cette trace directe qui nous mène vers la Guyane
nous éloignera quand même de quelques 150 nm de l'embouchure de l'Amazone !
C'est grand le Brésil

Dimanche 27 mai 2019
Alors que nous passons l'embouchure de l'Amazone,
nous rencontrons nos premières sargasses !

Lundi 28 mai 2019
Il fait nuit,
nous approchons du Salut !
Le vent a forci, Sabine et Simon dorment, mais je ne la ramène pas...le bateau accélère.
Une grosse houle croisée s'est formée, entraînant Mont-Blanc dans des surfs de plus en plus rapides
Peu rassurant, car le pilote est dépassé, le bateau finissant chacun de ses surfs
en travers de la vague suivante qui se présente.
J'étais fatigué et n'avait pas la lucidité et/ou la force de passer un second ris..
Je décide d'abattre, pour limiter ces effets indésirables
Ça s'arrange, la fin de nuit sera plus calme.

Nous avons battu un record !
262 nm en 24 heures (10,91 nds de moyenne) validés par Maître Simon, notre chronométreur officiel, qui notait chaque jour à la même heure, à l'aide de son application,
le nombre exact de miles parcourus
Il faut quand même préciser que le courant au large du Brésil nous était favorable...
Les miles défilent vite, à cette vitesse...

Nous sommes toujours le 28 mai, "Terre", ou plutôt, "ile" !
Nous n'avons pas envisagé de passer par Kourou, qui ne présente d'autre
intérêt que les lancements, aucun n'étant programmé avant plusieurs semaines...
c'est aux îles du Salut que nous arrivons.

Un fort courant nous écarte de la route qui doit nous faire passer entre St Joseph sur notre bâbord
et l'île royale sur notre tribord
Faut pas se louper.. c'est peu profond, et plein de cailloux !
Les paysages sont magnifiques, nous restons vigilants et rentrons les dérives !
Un autre Catana y aurait laissé les siennes...

St Joseph, îles Royale, île du Diable,

3 iles immortalisées en 1973 par Steve McQueen et Dustin Hoffman dans Papillon

Les iles du Salut !L
Un endroit qui présenterait tous les atouts d'un paradis touristique
si l'on faisait abstraction de son histoire.

Nous prenons une "tonne" (grosse bouée en "dur" destinée aux gros bateaux)
grâce à l'intervention du skipper d'un charter de Kourou, qui nous propose gentiment,
de profiter de ce mouillage plus sûr, et parfaitement protégé, en période de calme touristique
Sympa !
Des amarres sont déjà à poste, sur la tonne,
il faudra juste veiller à ne pas se couper les mains sur les nombreux coquillages les décorant

Nous resterons 2 jours à visiter l'île Royale et St Joseph,.
la troisième, l'île du Diable n'étant pas accessible faute de ponton ou de mouillage sûr..
elle porte bien son nom.
ce que nous pourrons voir de l'inaccessible Île du Diable
Nous commençons donc notre découverte particulière par l'île Royale, celle où nous mouillons,
et où vivaient les militaires, leurs familles, ainsi que le personnel civil travaillant au bagne
Mont-Blanc peut se reposer en toute tranquillité après son record !
En cette saison, l'île est quasi déserte,
C'est tout naturellement  que nous sommes accueillis par des iguanes

Un chemin nous fait monter vers les habitations et quartiers des militaires

C'est dans cette partie de l'île que vivaient les officiers

La maison du directeur du bagne

Un paon prend la relève des iguanes pour continuer la visite de l'île 
L'île contient toujours son église,

Sa gendarmerie

Son phare

Les habitations où vivaient les femmes et les enfants du personnel pénitentiaire
Nous découvrons avec surprise un hôtel en haut de l'île
Il est vide, à l'exception des deux personnes qui y travaillent pendant la basse saison,
qui prennent le temps de nous raconter leur vie sur cet endroit particulier
tout en prenant un rafraîchissement bienvenu.
Une inscription rappelle les heures tristement célèbres du bagne des îles du Salut

La maison des condamnés à mort,
un nouvel hôte nous prend en charge, nous indiquant la suite de la visite
L'île est magnifique, la végétation luxuriante



L'île du Diable, toujours présente 
La route qui a été pavée par les bagnards
Passe entre l'île Royale et St Joseph par laquelle nous sommes arrivés hier.

Ile St Joseph, l'ile des "récalcitrants" 
28 mai 2019, 

Le canal qui sépare les deux îles est agité
Je pars seul faire une reconnaissance avec notre annexe peu motorisée,
pour jauger le courant et la force des vagues
ça passe !
Nous partons tous les 3 vers St Joseph non sans avoir pris une VHF avec nous

Les abords de l'île sont tout aussi beaux que ceux de l'île Royale

Nous n'avons rencontré personne sur cette île, qui semblait dénuée d'activité, jusqu'à ce que..

vue des deux autres îles 
Une route pavée semblable à celle de l'île Royale, construite également par les bagnards
Nous grimpons cette courte montée pavée, et apparaît aussitôt sur notre gauche
le bagne, entouré de sa muraille principale.

Il est composé de plusieurs ensembles géométriques avec leurs geôles,
traversés par des allées perpendiculaires
Les bagnards y croupissaient sans toit, exposés à la chaleur, la pluie, l'humidité, les insectes
80% d'entre eux mouraient de maladie..


   

Les cellules sont minuscules, les gardiens faisaient leurs tours de garde en marchant
bruyamment sur les barres de fer scellées au dessus des têtes des bagnards
Des conditions totalement inhumaines, qui n'ont rien en commun avec celles dénoncées par notre observatoire de nos prisons, dissout, il y a quelques mois. 

                  
Une immense salle dont nous n'avons pas pu savoir quelle était sa fonction

La nature a bien essayé de reprendre ses droits

Nous quitterons cet endroit chargé d'histoire et de souffrances, en silence...
et finissons notre tour de l'île en découvrant le cimetière où étaient enterrés,
non pas les bagnards qui étaient jetés à la mer.. sic,
mais le personnel pénitentiaire et leurs familles.
Aucune inscription ne figure sur ces tombes soigneusement gardées anonymes !
Craintes de représailles ??
Nous retrouvons Mont-Blanc !

Demain, nous prenons la route de Saint Laurent du Maroni
90 nm auxquels il faudra ajouter une bonne vingtaine de miles pour remonter le fleuve
avant d'arriver à destination.

La route se fera sans difficulté particulière,
poussés plus par le courant, que par un vent de plus en plus asthmatique

La remontée du fleuve qui sépare la Guyane française du Surinam est assez longue (22 nm)
Un vent de travers réapparu miraculeusement à l'entrée de l'embouchure,
tombera rapidement, freiné par les reliefs et la forêt tropicale
Nous effectuerons la remontée du fleuve au moteur avec un courant défavorable
durant les derniers miles.

L'eau est boueuse, très boueuse même,
on a le sentiment de naviguer dans une flaque de boue géante
Il faut passer entre les balises vertes et les rouges... jusque là, rien d'exceptionnel,
enfin, dans la mesure où elles sont encore présentes ou à leur place,
ce qui n'est pas toujours le cas.

Le mouvement permanent des alluvions doit obliger régulièrement
à re-baliser cette route, empruntée par des petits cargos, aux heures de marée haute
Il ne faut donc pas se fier aux cartes, même les plus récentes que nous avons avec nous
Les vertes et rouges de la carte, et les symboles triangulaires,
que nous avons annotées.. 
La vie autour du fleuve est rythmée par le rythme des marrées

Nous arrivons le jeudi 30 mai, à St Laurent du Maroni
alors que la nuit est tombée
Nous appelons David, le directeur de la marina, à la VHF
qui nous demande de le retrouver "derrière l'île" !
J'ai beau chercher sur toutes les cartes disponibles,
je ne trouve pas la moindre trace ou forme d'île dans les parages !?

Heureusement, David est super dévoué,
il nous rejoint rapidement à la rame, dans une micro barque,
accompagné de sa jeune, ou plutôt, très jeune compagne
une jolie surinamaise, peu, ou, plutôt, très peu vêtue,
pour nous faire faire le tour de ce qui se révélera être une...épave
couverte au fil des ans par une abondante végétation
et qu'ils ont pris pour habitude de nommer
"l'île"

Dodo, nous sommes fatigués
demain, il fera jour !

Hormis les moustiques qui nous ont également accueillis
le mouillage sera très calme, rythmé par les renverses de courants
qui se font tout en douceur

A ma grande surprise c'est le vrombissement d'un cargo déjà imposant
qui nous réveillera au petit jour

J'ignorais que des bateaux d'un tel tirant d'eau pouvaient passer là-même,
où nous nous inquiétions la veille, avec notre petit 1,1m sous la ligne de flottaison

David, a crée cette jeune marina à St Laurent
Il nous accueille le lendemain matin dans son repaire, bar/cafétaria/épicerie
et nous emmène aussitôt dans sa voiture pour visiter la ville,
et effectuer les formalités de douane et d'immigration qui se font au port
Top, ce David !!!

Nous passons quelques jours bien agréables à Saint Laurent du Maroni
pendant lesquels nous nous rendrons compte
que notre voisin de mouillage n'était autre que celui que nous avions à Mindelo
Ils sont amis avec un autre bateau voisin,
"Papiyion", (ça s'écrit comme ça) )sur lequel vit Véronique, infirmière venue de Guadeloupe
pour exercer ses talents.
Nous passerons quelques beaux moments de partage, ensemble.

                           L'équipage de Mont-Blanc, sous bonne protection  

Véro nous fait découvrir un restaurant pittoresque, joliment décoré par un amateur de jazz...
Un ancien bateau qui a retrouvé une seconde vie pas si désagréable !

  

Le Surinam est juste en face, à 5 minutes de pirogue
Ce fleuve est en fait, un haut-lieu de trafics entre les deux pays,
Armes, drogues, migrants...
sans oublier les orpailleurs dont il faut éviter le contact.

Nous ne traverserons pas, car il faut payer plusieurs centaines d'euros juste
pour y mettre les pieds, et nous avons hâte de retrouver nos amis
qui nous attendent aux Antilles !

St Laurent du Maroni, garde encore des vestiges de son ancien bagne,
dans lequel aurait été détenu Henri Charrière, auteur d'un ouvrage intitulé... 
Papillon

La ville, qui comptait 5000 habitants en 1975, en compte 45 000 aujourd'hui !
Le chômage reste pourtant très élevé, malgré une forte croissance économique
qui ferait la jalousie des autres villes importantes de Guyane,
selon les locaux !

La Guyane est une terre d'immigration incontrôlée et incontrôlable de par sa géographie,
composée de populations venant du Brésil, d'Amazonie, d'Europe, ou d'Asie.

Si elle a longtemps été présentée comme une terre de multi-culturalisme,
la Guyane connaît aujourd'hui des tensions de plus en plus palpables
entre des communautés qui en fait, ne se côtoient pas vraiment.
Impression de déjà vu.

Samedi 2 juin 10h
Nous avons fait nos adieux à Véro, David sa femme,
ainsi qu'à notre "bateau copain" dont je n'ai pas su retrouver le nom,
et reprenons la route vers la mer, en suivant scrupuleusement la trace que nous avions
dessinée entre les 20 bouées qui nous mènent à la mer.
Nous déjeunons dans une mer lisse, d'eau boueuse, avant de virer la dernière bouée
Le fleuve s'appelle le...Maroni, on se demande bien pourquoi !
C'est seulement trois heures après être sortis de l'embouchure
que nous quitterons ces eaux boueuses, séparées d'une eau bleue,
par une frontière parfaitement nette..
Les eaux dont les densités sont différentes ne se mélangent pas !
frontière taillée à la règle !
fin d'après-midi, le bateau file,
Simon jubile, il sort un joli thazard
qu'il préparera au four, puis en rillettes..pour notre plus grand plaisir !
Bravo, Simon !

205 miles parcourus durant les premières 24h !

La nuit est maintenant tombée,
Simon est de quart
Je suis réveillé par les bruits caractéristiques d'un grain
Le vent est monté très rapidement, 32 nds, les drisses claquent, et la mer grossit déjà
Je monte épauler Simon pour rentrer les 80 m2 du génnaker
devenus soudain bien trop grands !
Nous roulons la voile rapidement et sommes attirés par un bruit anormal sur l'avant du bateau
Inspection !
Un bout de notre gennaker claque dans la partie supérieure de l'étai !
Il pleut, ça bouge et Simon qui a de meilleurs yeux que les miens
croit percevoir un bout de voile déchiré !
Aie !!!

Nous abattons aussitôt pour diminuer le vent apparent sur la voile,
avant de décider de tenter d'étouffer le morceau de voile qui claque avec la drisse de spi
Je me fais hisser entre les 2 étais pour réaliser l'opération qui se révèle bien périlleuse.
Le grain a été violent, et la mer est encore forte,
faisant des étais, deux élastiques sur lesquels je suis incapable de m'accrocher
Après 2 tentatives aussi épuisantes que dangereuses,
je renonce

Le vent et la mer se calment maintenant.
Nous regardons de plus près, et nous rendons compte que la voile
n'est peut-être pas déchirée mais peut-être,
simplement mal enroulée,
On croise les doigts !

Je remonte sur l'étai et avec l'aide d'une gaffe
j'entreprends de défaire une à une les boucles qui se sont formées avec les écoutes du gennaker
L'opération est longue et mouvementée, mais avec de la patience
nous retrouvons enfin nos écoutes libres et profitons d'un moment d'accalmie
pour dérouler et ré-enrouler correctement notre puissance voile !
Pas de plis, pas de déchirure..
Tout semble être rentré dans l'ordre, Yeees !!!
nous vérifierons tout ça demain !
Nous sommes épuisés, Sabine a vomi 2 fois
il est 4h30,
j'envoie l'équipage aller se reposer, et prend un nouveau quart de 2 heures

La parenthèse aura duré près de près de 3 heures, et
nous aura écarté de plus de 10 nm de notre route  
 
                           
Lundi 4 juin, 3è jour
Le jour se lève,
Mont-Blanc continue de filer à bonne allure vers la Guadeloupe au 60° apparent
Je suis de quart, et je vois sur les cartes, un méthanier qui nous rattrape,
dont la route indique qu'elle va croiser la notre..

J'appelle à la VHF... pas de réponse
C'est après un 3è appel que j'entrerai enfin en contact avec eux..
Le méthanier déviera légèrement sa route, passant sur notre tribord
avant de disparaître lentement devant nous !
Merci !
Route de collision 
Mercredi 6 juin Arrivée à St Francois
Nous affalons devant la passe Champagne,
nous sommes à l''entrée du lagon de St Francois
Il fait beau, l'eau est claire et turquoise !

Nous avons parcouru  785 + 10,9 miles en 4 jours 3 heures,
à 8,04 nd de moyenne.

Comité d'accueil plutôt sympa !
depuis Natal, ce sont quelques 2230 nm que nous avons parcourus
soit 200 miles de plus qu'une transat Mindelo Le Marin
Le Brésil, c'est grand, très grand !
Mont-blanc, vu d'encore plus haut...
Simon fait un check up du mât !
dîner d'adieu, au bar Latino de St Francçois avec Simon !
Le lendemain, vision d'horreur, nous baignons dans une moquette de Sargasses
 passées par dessus de la barrière de corail avec la marée montante 
va et vient permanent de tapis entiers de sargasses
Les autorités portuaires ont du aménager une digue flottante devant l'entrée du chenal..
Un bateau a failli terminer sa course dans les cailloux, après avoir vu son moteur s'arrêter,
étouffée par les algues aspirées dans son circuit de refroidissement !
Celle-ci sont bien bloquées au fond du port de St Francois, odeur de souffre intenable !
Simon nous revient de chez le coiffeur, avec une coupe, jamais vue !
C'est un jeune "remplaçant" qui l'aurait pris en main, dans un salon pas très officiel
Il sera bon pour se faire tondre la boule à zéro
On a bien ri, il faut l'avouer !
Ciao, et merci Simon !

fin de notre transat, avec un joli coucher de soleil sur St Francois !
Notre périple transatlantique est terminé, nous avons retrouvé la France et
nous allons bientôt rejoindre Deshaies où nous attendent nos amis !